Jamel Saihi
Jamel Saihi avec Montpellier

[Interview] Jamel Saihi :« Pourvu que ça dure… »

Jamel Saihi
Jamel Saihi avec Montpellier

Facteur essentiel de l’excellent début de saison de Montpellier, Jamel Saihi explique la grâce qui touche le MHSC. Les pieds sur terre, le Tunisien savoure sa réussite personnelle et collective.

 

Jamel Saihi, quelle est votre analyse après votre victoire contre Rennes ?

On s’attendait à un match difficile d’autant que Rennes possédait la meilleure attaque du début de saison. Comme ils avaient disputé un match de coupe d’Europe, on savait que ça allait être compliqué pour eux avec la chaleur. On s’est dit qu’on avait toutes nos chances donc on ne s’est pas posé de questions. En faisant un match solide et en récupérant des ballons, on savait qu’on allait pouvoir se créer des occasions et c’est ce qui s’est passé. On met quatre buts en cinq ou six occasions nettes, c’est fabuleux.

Quel a été le message de votre entraîneur, René Girard, avant la rencontre ?

Il nous a dit de rester dans le même état d’esprit que le match qu’on avait joué contre Lille même si on avait eu moins d’occasions que face à Rennes. Il fallait avoir la même rigueur, être costaud et ne pas prendre de but. Dans le jeu, on a notre mot à dire. En termes d’efficacité, je crois que ça ne nous était jamais arrivé de mettre quatre buts dans un match de Ligue 1. L’an dernier, on était avant-dernière attaque, il me semble. Nos attaquants sont en confiance et n’ont pas besoin de trente-six occasions pour marquer. Pourvu que ça dure…

Comment percevez-vous votre statut de leader, une première pour le club ?

On s’attendait à un mois d’août difficile et on a fait un carton plein finalement. On ne s’attendait pas à ça. Pour autant, on ne doit pas s’enflammer. Il faut garder les pieds sur terre et travailler. Les résultats sont là, tant mieux.

Avez-vous franchi un cap ou vos adversaires n’étaient-ils pas prêts ?

C’est plutôt nous qui avions fait une grosse préparation et on a bien débuté cet exercice même s’il manque encore quelques réglages. L’équipe n’a pas beaucoup changé depuis la saison dernière et les joueurs se connaissent. Il y a eu deux belles recrues avec Bedimo et Hilton. On en profite car tout fonctionne mais il faudra voir si on est là dans les moments plus difficiles. Ça ne va pas durer toute la saison.

 

« Il ne faut pas s’enflammer »

 

La chaleur a-t-elle joué en votre faveur ?

Ça nous a peut-être un peu aidé même si ce n’est pas le seul facteur. Rennes revenait d’un déplacement en coupe d’Europe donc ils ont fait tourner un peu. Dans la rigueur défensive, on a fait les efforts et ça a payé.

La stabilité de l’effectif est-elle bénéfique si on y ajoute les apports des deux recrues, Bedimo et Hilton ?

Le club mise sur la continuité. Ça fait deux ou trois ans qu’on évolue tous ensemble. C’est plus facile, on va dire. Bedimo nous apporte sa puissance dans le couloir et Hilton est un joueur d’expérience qui remplace un peu Spahic. Pourvu que ça dure.

Conséquence directe, Montpellier a désormais un banc fourni…

C’est vrai que notre banc peut faire la différence à un moment donné. On peut s’appuyer sur un groupe de 18 joueurs mais il ne faut pas oublier les autres joueurs qui peuvent postuler à une place de titulaire aussi. On a de très bons jeunes qui progressent tous les jours, donc je pense qu’on peut créer quelques surprises cette année.

« J’ai toujours cru en mes qualités »Comment jugez-vous votre début de saison intéressant ?

Tant qu’il n’y a pas de pépin physique et qu’on me donne ma chance, je peux exprimer mes qualités sur le terrain et faire de belles choses. Je l’ai prouvé sur le dernier match mais la saison est encore longue et le plus dur est de confirmer. Il ne faut pas s’enflammer. Je ne me pose pas de questions. J’ai pas mal galéré ces derniers mois donc je donne le maximum chaque week-end sur le terrain. Je ne me prends pas la tête et je garde les pieds sur terre.

Comment l’expliquez-vous ?

Si on m’avait donné la chance de progresser, peut-être que j’aurais fait des belles choses bien avant. C’est une question de confiance. J’ai toujours pris mon mal en patience, sans jamais râler. Je suis récompensé aujourd’hui. J’ai toujours cru en mes qualités. Je savais que j’avais le niveau pour jouer titulaire à Montpellier. Je n’ai pas cherché à aller voir ailleurs. Mon but est de récupérer le maximum de ballons et de chercher mes partenaires. Je suis attiré par le jeu vers l’avant donc il faut essayer de créer le décalage. Le collectif marche, c’est tant mieux.

Comptez-vous faire apprécier votre qualité de frappe ?

Si j’ai la chance de m’approcher du but adverse et de frapper, je ne vais pas me gêner (rires). C’est vrai que j’ai une bonne frappe mais ce n’est pas mon rôle puisque je suis à la récupération. Mais si je peux le faire, pourquoi pas mettre quelques buts ?

Le courant a l’air de bien passer avec Marco Estrada…

Ça se passe bien. Il cherche le jeu direct alors que je suis davantage dans la récupération pour donner le ballon proprement dans les intervalles. Si on est en forme tous les deux, ça sera bon pour le collectif.

Avez-vous dans le coin de la tête la sélection tunisienne ?

C’est vrai que j’y pense et j’ai même vu le dernier match. C’est dans un coin de ma tête. Le sélectionneur fait pour le moment confiance aux joueurs qui ont remporté le CHAN (championnat d’Afrique des Nations). On ne peut rien dire au sélectionneur puisqu’il y a la victoire au bout. Pour l’instant, je ne me pose aucune question et je bosse avec mon club. Si on m’appelle, je mettrai toutes mes qualités au service de la sélection. Si on ne m’appelle pas, je donnerai le maximum pour Montpellier. Mais c’est vrai que je pense aux qualifications pour la CAN et pour la Coupe du Monde. J’y pense mais je n’en fais pas une fixation non plus.

Interview réalisée par Football365.fr

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