Radhi Jaïdi
Radhi Jaïdi coach adjoint des U23 de Southampton

[TUN-BUR] : L’Analyse de Coach Jaïdi

Nous clôturons la série d’analyse des matchs de l’Équipe Nationale faite par le coach Radhi Jaïdi que nous remercions pour sa gentillesse et le temps qu’il nous a accordé pour nous prodiguer son avis sur la prestation de la Tunisie à la CAN. Bonne lecture.

Une grosse erreur

Je pense que l’entame du match a été un peu longue. On a encaissé le jeu. Ils étaient plus énergiques, plus présents que nous. On a eu beaucoup de difficultés sur notre côté gauche. La cohérence et le lien entre le milieu de terrain et l’attaque ont été réduits par le manque de soutien surtout de ce côté gauche. Nous n’avons pas pu exploiter l’espace lors de la récupération du ballon. Par conséquent beaucoup de nos attaques se faisaient sur le côté droit, avec Nagguez qui partait bien vers l’avant, mais il n’est pas aussi efficace que Maaloul sur les premiers matchs. La deuxième mi-temps était pareille. Il y avait quelques coups offensifs individuels. Il était clair  qu’on avait perdu notre point fort sur le côté gauche, Abdennour est à vocation très défensive. Il est resté très bas, il n’y avait pas beaucoup de soutien à l’attaque ce qui a obligé Ben Amor de revenir ou Sliti de descendre très bas pour pouvoir toucher le ballon, et donc donner la possibilité à notre adversaire de nous presser au milieu de terrain. Ceci a réduit notre temps fort en attaque. Je pense que c’était ça principalement notre problème. Même parfois Msakni et Khazri étaient obligés de descendre bas pour pouvoir avoir le ballon et attaquer. Le Burkina Fasso a fait un pressing haut et une fois qu’ils récupéraient la balle ils se projetaient vite devant le but, surtout sur leur côté droit avec Traoré et leur avant centre Nakoulma. Je pense que la décision d’enlever Maaloul de l’équipe gagnante qui a joué les trois premiers matchs, et mettre un défenseur central sur le côté gauche avec a réduit notre force.
Bien sur nous avons joué contre un adversaire motivé de jouer contre nous, ils ont voulu croire en leurs chances dès le début, on s’est retrouvé à beaucoup défendre. De plus physiquement on était un peu faible, ils étaient toujours les premiers sur les ballons dans les duels. On a concédé beaucoup de coups francs autours des 18 mètres. On a vu le mauvais côté de l’équipe et ça nous a rappelé un peu le premier match. Après avoir encaissé le premier but ça a été la panique. On le voit bien sur le deuxième but, on avait un corner tout le monde est parti devant et personne n’est resté en couverture. Il faut être discipliné jusqu’à la dernière minute. Il restait une dizaine de minutes. On avait encore le temps pour marquer un but. Au lieu d’égaliser, avec cette erreur nous avons encaissé un deuxième but qui a tué le match. C’est un point sur lequel le coach aurait pu être plus vigilent. A huit minute, Il aurait fallu laisser un défenseur derrière pour couper toute contrattaque.

Concernant ce qu’a déclaré l’entraineur burkinabé à propos de la composition, je vois que nous entraineurs, on cherche toujours quelques chose pour motiver les joueurs. Il a remarqué le changement alors que généralement quand une équipe gagne on ne la change pas. Paulo Duarte a trouvé dans la composition d’équipe un moyen de transcender son équipe encore plus. Il a dit que la Tunisie les respecte et qu’on a sorti un défenseur offensif pour le remplacer par quelqu’un de beaucoup plus défensif. Pour en revenir à notre côté, je pense que notre sélectionneur a fait une grosse erreur en sortant Maaloul. Parfois les coachs s’adaptent à l’adversaire et parfois il faut laisser l’adversaire s’adapter à notre jeux. L’entraineur aurait dû préserver notre force notamment pour occuper l’ailier droit et les obliger à encaisser le jeu. Le coach doit des fois prendre des risques, et là en l’occurrence il devait maintenir la même équipe et il a toujours la possibilité de la modifier au cours du jeu. Même au cours du match, Kasperczak aurait pu revenir sur sa décision en sortant Abdennour et remettre Maaloul et nous redonner un avantage la deuxième mi-temps. Tout le monde est responsable, ce n’est pas uniquement l’erreur du coach, les joueurs auraient pu se surpasser dans ce match.

Sinon, malgré la sortie inattendue des Aigles de Carthage, le bilan reste positif. Avant la CAN on avait beaucoup de doutes et de scepticisme. Si on enlève le premier match perdu et qu’on aurait pu mieux gérer, le deuxième et troisième match ont été une belle performance. On a montré pas mal de bonnes choses. On a été agréablement surpris par Ben Amor, par Sassi, les trois attaquants avec beaucoup de cohérence et de complémentarité notamment entre les deux lignes. Il faut construire autour de cet acquis et laisser les joueurs travailler pour qu’ils progressent et se préparer aux éliminatoires de la Coupe du Monde. Il faut laisser tout le monde travailler et que la fédération continue avec Kasperczak qui est un coach d’expérience. Il est capable de former un bon groupe. Quiconque peut faire une erreur. On a un manque dans certains postes qu’il faudra renforcer et construire une équipe plus forte que celle-ci capable de faire quelque chose à la Coupe du Monde parce que notre objectif n’est pas d’y être mais de passer le premier tour. Pour y arriver il faut beaucoup de sacrifices et de travail, non pas uniquement les joueurs et l’entraineur mais aussi la fédération et toute la gouvernance du football. Pour moi, ça commence au sein des clubs pour développer des joueurs aptes et qui peuvent devenir de haut niveau pas uniquement taillés pour le championnat tunisien et qui peuvent représenter la Tunisie à l’extérieur. La fédération doit aider les clubs dans cet objectif qui reste atteignable. Il demande simplement de la responsabilité et de l’abnégation de toutes les strates de football en Tunisie.

A propos Majed

Passionné de football depuis mon jeune age, je suivais mes deux équipes favorites, l'Espérance Sportive de Zarzis et le Club Africain que j'ai découvert à l'époque des Lotfi Mhaissi, Hédi Bayari, Kamel Chebli et Lassaad Abdelli. J'ai réellement rejoint Internet en 1994 en étant à l'ENSAM pour ensuite gérer le forum du CA en 1996 puis plusieurs sites personnels dédiés au CA et à l'ESZ. J'ai fondé Tunisie-Foot.com en 1998 au travers d'un site traitant du football tunisien qui aura son nom de domaine et son serveur dédié en 2000.

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