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[CAN 2015] : Le scandale, la CAN est pipée ?

Une fois n’est pas coutume, Tunisie-Foot qui a l’habitude de rendre compte des évènements plutôt que de les commenter, vous propose de débriefer le quart de finale de la CAN 2015 qui a eu lieu hier soir au travers de mon prisme. Je suis le fondateur de ce site, et la suite du texte vous sera présentée à la première personne.

J’ai plutôt l’habitude de promouvoir les valeurs que véhicule le football de façon générale et auxquelles je crois. Le travail, la générosité et l’intégrité morale sont certaines de ces valeurs qui, je pense, sont fondamentales pour progresser et aspirer à atteindre des objectifs à chaque fois plus hauts. L’arbitrage est partie prenante du football et les erreurs d’arbitrage doivent être acceptées comme une composante de celui-ci.
Je continue de penser qu’un arbitre ne peut léser une équipe malgré les éventuelles erreurs. L’équipe qui n’a pas pu forcer la décision ne peut se cacher derrière l’incompétence de l’homme au sifflet. Pourtant, j’ai un avis différent par rapport au match de la Tunisie face à la Guinée Équatoriale.

Tout est dans l’intention. Les erreurs aussi cruelles ou importantes soient elles restent, selon moi, un élément du match que chaque joueur doit accepter et que chaque formateur doit inculquer aux jeunes. La succession d’erreurs est souvent signe d’incompétence de l’arbitre, généralement corrigé par l’instance qui régit la compétition.
Mais quand l’intention n’est pas louable, ces erreurs deviennent une des injustices les plus terribles dans le monde du football. Et je pense comme beaucoup d’entre vous que l’intention de l’arbitre d’hier soir a été une des plus condamnables vu le faisceau de présomption de corruption qui entourent cet arbitre à priori coutumier des faits.

Nous avons déjà été victimes de ce qu’on appelle un arbitrage maison à savoir un arbitre qui, sous la pression du public, avantage à certain moment le pays hôte et généralement des actions à la limite que l’arbitre fait basculer à l’avantage d’une des deux équipes comme nous l’avons vécu en 1998 au Burkina Faso. Pourtant, au lendemain de ce 1/4 de finale de l’époque, je reprochais plutôt aux joueurs de ne pas avoir forcé la décision, et notamment lors de la séance des tirs au but. Je n’ai pas été scandalisé par l’arbitre plutôt « favorable » aux Burkinabés. Parce que j’avais jugé qu’il l’a été de « bonne foi ». Contrairement à l’arbitre mauricien d’hier soir dont l’intention a été claire dès le début de la rencontre avec les fautes sifflées dans un sens unique.
Il arrive souvent que le jugement d’un arbitre soit différent de ce qu’on a l’habitude de voir. Certains arbitres préfèrent laisser le jeu se dérouler, d’autres sifflent systématiquement les fautes. Ça peut énerver certains supporteurs, mais tant que l’arbitre est cohérent avec lui même toute la rencontre ça reste équitable.
Hier soir, les mêmes actions ont abouti à des jugements différents en fonction de l’équipe à l’origine de ces actions. Le Mauricien a été dès le départ acquis à la cause équato-guinéenne. Sifflant 41 fautes contre la Tunisie dont beaucoup n’ont pas lieu d’être et en faisant abstraction des fautes guinéennes. Ceci n’a pas permis à la Tunisie de dérouler son jeu et a eu le don de faire sortir petit à petit les joueurs du match.
Que l’arbitre n’ait pas vu le crachat à l’encontre de Wahbi Khazri, c’est possible. Mais, que le juge de touche à 1 m de l’action ne voit pas la main guinéenne, lève son drapeau à chaque fois possible en faveur des Équato-guinéens à 20 ou 30 m et souvent dans un seul sens.
Quand l’arbitre ne sort aucun carton à ces multiples simulations guinéennes, quand il accorde 5 min de temps additionnel pour permettre aux locaux de revenir au score, mais qu’en même temps il s’arrête à à peine 2 min alors que le gardien était soigné pendant trois minutes sans compter les autres temps d’arrêt. On comprend bien qu’il s’agit d’un des scandales les plus retentissants dans cette compétition majeure qu’est la CAN. La corruption criarde n’est plus supposée, mais avérée. Bien évidemment, elle sera étayée par la vidéo. Mais, quand on voit que l’arbitre en fin de rencontre n’a pas exclu deux Tunisiens qui le mériteraient dans un match normal, ne peut qu’accentuer ce faisceau

On a donc le droit d’essayer de comprendre comment un tel scandale peut avoir lieu. Il est probablement avéré que le pays hôte, avec sa richesse issue du pétrole, ait pu approcher l’arbitre pour le corrompre. Deux hypothèses en découlent :
L’arbitre aurait été grassement récompensé et prêt à prendre le risque de se faire radier à vie et perdre son travail pour arbitrer de la sorte au vu et au su de tous.
L’arbitre aurait reçu la bénédiction de la CAF comme un retour d’ascenseur au pays hôte d’avoir suppléé le Maroc auquel cas le scandale ne serait que beaucoup plus grave.

L’éventuelle sanction que prendra la CAF face à cet arbitre nous donnera certainement des éléments, plus la sanction est faible, plus la CAF est impliquée.

La Tunisie a tout de même joué petits bras dans cette rencontre. L’organisation ultra défensive était, peut être, une erreur. Peut être aussi qu’elle a permis de retarder l’échéance puisque les Équato-Guinéens n’ont que très peu accédé à la surface de réparation pour prétendre à un pénalty imaginaire sifflé par l’arbitre. Le problème n’est pas en soi ce pénalty, si l’arbitre avait été cohérent tout au long de la rencontre. On aurait probablement accepté cette erreur aussi généreuse soit elle.

Pourtant, ce n’est pas une première pour la Tunisie. En 1978, un même type d’arbitrage maison a eu lieu face au Ghana, aussi pays organisateur. Les Ghanéens bien plus forts que les Guinéens d’aujourd’hui n’ont pas su sans l’aide de l’arbitre déjouer la Tunisie qui était à son apogée en 1978. Les protégés de Chettali à l’époque avaient déserté le stade et abandonné la rencontre devant une telle injustice. La Tunisie a été sanctionnée et suspendue pendant deux ans. À cette époque, les médias peu existants n’ont pu bien relater les faits contrairement à aujourd’hui avec internet notamment. Beaucoup de supporteurs ont espéré que la Tunisie d’hier soir fasse comme son ainée. Mais il était difficile aux joueurs de prendre une telle décision. Un pénalty ne veut pas forcément dire un but. Et puis des prolongations pouvaient aussi être favorables à la Tunisie, mais pas ce 31 janvier 2015 avec cet arbitre mauricien.

J’attends de voir quelle sera la réaction de nos officiels qui ont été plus qu’absent dans la dénonciation de cette injustice. Nous savons malheureusement à quel point ils sont incompétents, mais nous espérons un sursaut d’orgueil.

Que faire maintenant ?

En dehors du pays qui a été lésé, cet épisode sera oublié dans quelque temps. On retiendra que la Guinée Équatoriale a éliminé la Tunisie en 1/4 de finale de sa coupe d’Afrique.
Nous pouvons nous aussi oublier cet épisode et continuer à vivre dans cette Afrique à qui nous avons donné son nom.
Nous pouvons aussi profiter de cet évènement et essayer de faire un saut de qualité dans notre football.
S’affilier à une autre fédération de football serait une piste intéressante et moins loufoque que pourraient penser certains.
Certes, nous avons des attaches historiques avec l’Afrique, mais jouer avec une autre confédération ne serait pas une nouveauté. Israël, pour des raisons politiques, joue avec l’UEFA au lieu de l’AFC. L’Australie, pour maximiser ses chances d’accéder à la Coupe du Monde, joue désormais avec l’AFC.
Nous pouvons nous aussi non pas par caprice, mais par intérêt pour notre football rejoindre l’UEFA par exemple. La proximité géographique, la qualité des adversaires ne peuvent qu’être bénéfiques pour la Tunisie. Il est bien évident que les fruits d’une telle démarche ne seront pas cueillis rapidement. Nous devrons batailler pour espérer participer à une coupe d’Europe des nations qui du coup a lieu tous les 4 ans. Nous devrons batailler pour espérer participer à la coupe du Monde, mais avec un nombre de places plus important. Nos clubs ne pourront, peut-être plus, gagner une compétition continentale avec une concurrence des plus accrues. Pourtant, on a tout à gagner à faire ce pas.
Les enjeux financiers et sportifs sont bien plus gratifiants à l’UEFA qu’à la CAF.
La Tunisie se structurera d’une meilleure façon. Le football sera mieux suivi, de meilleure qualité et on peut espérer qu’après quelques années nous progresserons de façon spectaculaire.
J’invite nos dirigeants de réellement réfléchir à cette opportunité. Le signal que nous enverrons à l’Afrique sera aussi bénéfique pour la CAF pour régler ces problèmes de corruption.

Je vous invite à débattre de ces différents sujets sur notre forum. N’hésitez pas à nous rejoindre et donner votre avis.

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Majed

Passionné de football depuis mon jeune age, je suivais mes deux équipes favorites, l'Espérance Sportive de Zarzis et le Club Africain que j'ai découvert à l'époque des Lotfi Mhaissi, Hédi Bayari, Kamel Chebli et Lassaad Abdelli. J'ai réellement rejoint Internet en 1994 en étant à l'ENSAM pour ensuite gérer le forum du CA en 1996 puis plusieurs sites personnels dédiés au CA et à l'ESZ. J'ai fondé Tunisie-Foot.com en 1998 au travers d'un site traitant du football tunisien qui aura son nom de domaine et son serveur dédié en 2000.

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