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    Que fêtent les musulmans lors de l’Aïd-el-Kébir ?

    La « fête du sacrifice », ou Aïd el-Adha, est une des plus importante des fêtes musulmanes. Elle a lieu cette année le 31 juillet.

    Par Hicham Abdel Gawad Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 14h22

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    Tunisien transportant un mouton pour la fête de l’Aïd el-Adha, en novembre 2010.

    Tunisien transportant un mouton pour la fête de l’Aïd el-Adha, en novembre 2010. FETHI BELAID / AFP

    La « fête du sacrifice » (Aïd el-Adha en arabe, ou Aïd-el-Kébir, « la grande fête ») est une commémoration de l’épisode du sacrifice d’Abraham rapporté dans le Coran, qui présente de nombreux prophètes en commun avec le texte biblique.

    • Qu’est-ce que la fête du sacrifice ?

    Dans le récit coranique, Abraham se voit sacrifier son fils en songe. Obéissant à cette vision, le patriarche sera arrêté in extremis par l’ange Gabriel envoyé par Dieu, lequel remplacera le sacrifice d’un enfant par une « immolation généreuse » (sourate 37, verset 107). Les interprètes musulmans classiques identifient cette « immolation généreuse » à un bélier.

    Cet épisode est très proche de son pendant biblique, même si traditionnellement, les exégètes musulmans – à quelques exceptions près – ont considéré que l’enfant du sacrifice était Ismaël, et non Isaac. L’identité de l’enfant reste la divergence majeure entre la tradition islamique majoritaire et la tradition biblique.

    Quoi qu’il en soit, le sacrifice de l’enfant n’aura pas lieu et Dieu rachètera sa vie, supposément contre celle d’un bélier. Cet épisode renvoie à deux symboles : la confiance indéfectible d’Abraham en Dieu et la miséricorde divine concrétisée par l’interdiction du sacrifice humain.

    • Quand a lieu cette célébration ?

    L’Aïd-El-Kébir se déroule à la fin du pèlerinage obligatoire (le hadj), le 10e jour du mois lunaire de Dhûl hijja (« mois du pèlerinage »), et dure trois jours. Une prière particulière a lieu le premier jour et précède l’immolation d’une bête, traditionnellement un mouton – bien que la tradition classique mentionne un bélier, c’est-à-dire un mouton non châtré.

    • Que dit exactement le Coran ?

    Le passage coranique suivant sert de base à la plupart des interprétations (sourate 37, versets 101 à 111, traduction de Denise Masson) :

    [37 : 101]

    « Nous lui avons alors annoncé une bonne nouvelle : la naissance d’un garçon, doux de caractère.

    [37 : 102]

    Lorsque celui-ci fut en âge d’accompagner son père, celui-ci dit : “Ô mon fils ! Je me suis vu moi-même en songe, et je t’immolais ; qu’en penses-tu ?”

    Il dit : “Ô mon père ! Fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras patient, si Dieu le veut !”

    [37 : 103]

    Après que tous deux se furent soumis, et qu’Abraham eut jeté son fils, le front à terre,

    [37 : 104]

    nous lui criâmes : “Ô Abraham !

    [37 : 105]

    Tu as cru en cette vision et tu l’as réalisée ; c’est ainsi que nous récompensons ceux qui font le bien :

    [37 : 106]

    voilà l’épreuve concluante.”

    [37 : 107]

    Nous avons racheté son fils par un sacrifice solennel.

    [37 : 108]

    Nous avons perpétué son souvenir dans la postérité :

    [37 : 109]

    “Paix sur Abraham !”

    [37 : 110]

    C’est ainsi que nous récompensons ceux qui font le bien.

    [37 : 111]

    Il était au nombre de nos serviteurs croyants. »

    Le sacrifice d’Abraham, manuscrit timouride, 1410-1411, Shiraz, Musée Gulbenkian de Lisbonne.

    Le sacrifice d’Abraham, manuscrit timouride, 1410-1411, Shiraz, Musée Gulbenkian de Lisbonne. Wikipédia
    • A quoi est destiné l’animal sacrifié ?

    Traditionnellement, il est attendu du chef de famille qu’il sacrifie un mouton ou qu’il paie un sacrifice. La viande obtenue est alors divisée en trois parties : un tiers pour la famille, un tiers pour les voisins et un tiers pour les nécessiteux. Cette fête est donc considérée comme une occasion de partage et de générosité, en plus d’être un acte commémoratif de la foi d’Abraham et de la miséricorde divine.

    Néanmoins, le fait de sacrifier un mouton quand la tradition interprétative mentionne un bélier a conduit certains penseurs à considérer que n’importe quel animal pouvait faire l’affaire, voire à questionner la mise à mort d’un animal et à proposer un sacrifice plus symbolique.

    • Le sacrifice d’un mouton est-il obligatoire ?

    Devenue fréquente dans le langage populaire – chez des musulmans comme des non-musulmans –, l’appellation « fête du mouton » met l’accent sur l’objet du sacrifice et non sur le sacrifice lui-même. D’aucuns voudront ainsi coûte que coûte sacrifier un mouton, quitte à s’endetter dans certains pays, alors que le Coran ne mentionne pas d’animal précis.

    Un détour par l’anthropologie est éclairant : s’il y a eu fête du sacrifice dans la société de Mahomet, il y a fort à parier qu’il n’a jamais concerné aucun mouton, les seuls animaux capables de survivre à La Mecque étant les camélidés.

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    Des penseurs musulmans, comme Omero Marongiu-Perria, proposent donc des alternatives basées sur une réflexion théologique qui s’ancre dans la tradition islamique au sens large (Coran et interprétations du Coran). Parmi elles, la possibilité d’un sacrifice qui ne fasse pas intervenir la mise à mort d’un animal.

    Est-il encore possible de parler de « sacrifice » pour la mise à mort d’une bête au sein d’une « société d’abondance » comme la nôtre, questionne ce penseur ? Dans la société tribale qu’a connue le Prophète de l’islam, la viande était une denrée rare. L’essentiel de l’alimentation des Arabes du désert, au VIIe siècle, était constitué de lait de chamelle. Aujourd’hui encore, cet aliment est très présent, en particulier chez les Bédouins. Sacrifier une bête et en offrir la viande aux nécessiteux constituait donc un acte de charité.

    Mais alors que le nombre de musulmans approche 2 milliards d’individus, la mise à mort de millions de bêtes le même jour, dans des sociétés où la viande est largement répandue, n’a plus la même connotation de solidarité, soutiennent de plus en plus de croyants. Cela pose par ailleurs des problèmes pratiques – notamment celui des conditions d’abattage.

    • Quelle est la signification spirituelle du sacrifice ?

    La fête de l’Aïd el-Adha est censée susciter une joie comparable à celle qu’éprouvait un homme du désert démuni à qui on offrait un mets rare. Aujourd’hui, quel pourrait être le sens du sacrifice ?

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    Sacrifier, c’est avant tout se déposséder d’un peu de soi, l’être humain ayant tendance à considérer ses biens matériels comme un prolongement de lui-même. Dans un langage symbolique, il est donc plus question de la mise à mort de l’ego que de celui d’un autre être vivant. Si l’ego dans la société de Mahomet passait par la fierté de posséder de larges troupeaux, la mise à mort de cet ego était cohérente avec le sacrifice d’une des bêtes, car potentielle source d’orgueil.

    Que veut dire mettre à mort son ego, non dans une société tribale mais dans un contexte mondialisé où l’orgueil se nourrit d’autre chose que de la taille d’un troupeau ? Cette question permet sans doute d’accéder à une dimension plus essentielle des rites.

    Hicham Abdel Gawad


  • 3idkoum Moubarak sa3id a tous ;-)


    Kollo 3am wa Antoum bikheir.