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[Exclu TF] : Interview de Slim Mahmoudi

Co-manager du programme de formation des jeunes du FSV Frankfurt, et coach de l’équipe U15, Slim Mahmoudi est surtout un passionné du football qui a pu associer plaisir et compétition. Tunisie-Foot a le plaisir de vous proposer d’en découvrir un peu plus sur lui.


TF : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Tunisie-Foot ?

SM : Je m’appelle Slim Mahmoudi. Je suis d’origine tunisienne et je suis né à Francfort-sur-le-Main en Allemagne. En Tunisie, ma famille habite à Ezzahra où je pars une à deux fois chaque année. Depuis mon enfance, je suis étroitement lié au football. J’ai reçu une formation de footballeur au FSV Frankfurt où je suis actuellement entraîneur de jeunes. Entretemps, je travaille en tant que IT-Manager dans le secteur privé et je suis très ambitieux pour ma carrière sportive. J’ai la motivation de réaliser quelque chose de grand.


TF : Pourquoi avez-vous choisi ce métier d’entraineur ou plutôt de formateur ?

SM : En tant que joueur, j’ai joué un rôle central dans toutes mes équipes. Dans ma jeunesse, j’ai surtout joué comme numéro 6 et 8. J’étais particulièrement doué pour faire des passes précises, décisives et pour marquer des buts. Je me suis toutefois blessé au ligament interne lors de ma dernière année en jeunes. Avant cela, je m’entraînais régulièrement avec l’équipe professionnelle et je faisais également parti des sélections régionales des différentes années. Lors de ma blessure, j’ai beaucoup réfléchi au football et à ma façon de l’appréhender. Mon approche analytique de la tactique m’a amené à penser que c’est en tant qu’entraîneur que je pourrais le mieux transmettre ma vision du football.


TF : Quels sont, selon vous, les compétences requises pour devenir un bon entraineur ?

SM : Pour être un bon entraîneur, il faut tenir compte de l’évolution du football et être toujours à la pointe des développements tactiques, physiques et psychologiques. Il est également essentiel de s’entourer d’un staff compétent, qui vous met constamment au défi. Un entraîneur doit en outre avoir un bon sens des relations humaines, qu’il s’agisse de joueurs, de fonctionnaires du club ou de médias. Je pense qu’un entraîneur devrait avoir une philosophie de jeu claire avec des principes de jeu bien établis. Un entraîneur devrait connaître les forces et les faiblesses de son effectif et pouvoir développer son équipe.


TF : Comment faites-vous justement pour maintenir cette veille ?

SM : J’analyse chaque semaine de nombreux matchs d’équipes et d’entraîneurs qui m’inspirent dans ma conception du football. Ma philosophie du football est d’enseigner un style de jeu offensif et dominant. Pep Guardiola ou Luciano Spalleti, l’actuel entraîneur du SSC Napoli, sont une grande source d’inspiration pour moi. De plus, j’échange souvent avec des collègues entraîneurs et je regarde de nombreux matchs en direct au stade. Je suis par ailleurs, plusieurs Podcasts. Ceux avec un contenu footballistique mais aussi des podcasts présentant des parallèles avec le football dans d’autres sports. Par exemple, il y a des principes intéressants dans les échecs, que j’intègre dans ma propre idée du football.


TF : Que souhaiteriez-vous changer à l’avenir ?

SM : Lors de mon dernier emploi, j’étais adjoint et analyste au SC Hessen Dreieich (NDLR : D4 allemande). Nous avons eu une équipe très joueuse et talentueuse. Je n’ai pas l’intention de faire de réels changements. J’ai beaucoup appris l’année dernière et je m’appuie sur cette expérience cette saison. Je suis très ravi d’avoir eu la possibilité de travailler avec des vrais professionnels l’année dernière comme par exemple Patrick Ochs, qui était joueur pro avec Eintracht Frankfurt et VfL Wolfsburg.


TF : Quels vont être vos objectifs avec le FSV Frankfurt ?

SM : Il existe 6 grands clubs de formation dans la région métropolitaine de Fankfurt. L’Eintracht Francfort et le FSV Mainz 05 occupent la première et la deuxième place. Notre objectif est de minimiser autant que possible l’écart avec ces deux clubs de premier plan avec le FSV Francfort et de nous démarquer des autres clubs. Avec la plupart des années, nous nous trouvons soit au même niveau, soit devant les autres équipes (SV Darmstadt 98, SV Wehen Wiesbaden & Kickers Offenbach). Le FSV Francfort prône un football courageux, passionné et orienté vers l’offensive et veut former des joueurs talentueux. Mais nous voulons surtout faire en sorte que le plus grand nombre possible de joueurs rejoignent notre équipe professionnelle. Cela fonctionne plutôt bien actuellement. Chaque année, environ 3 à 5 joueurs passent de l’équipe des moins de 19 ans à l’équipe professionnelle.


TF : Qu’avez-vous pensé de notre rencontre amicale face au Brésil ?

SM : Je pense que le match contre le Brésil s’est déroulé comme prévu. Actuellement, nous ne pouvons pas tenir tête à des équipes de ce niveau international. Le Brésil a dominé le match à sa guise, en particulier en première mi-temps, et a baissé d’un cran en deuxième mi-temps. Il est bien plus important de regarder l’évolution de l’équipe nationale et d’y déceler un plan clair que de juger ce seul match.


TF : Est ce que vous pensez qu’il y a des axes d’amélioration pour notre EN durant cette prochaine édition de la CM ?

SM : Je pense que nous ne devrions pas avoir d’attentes trop élevées pour cette Coupe du Monde. Nous nous heurtons à deux équipes très fortes, qui ont une longueur d’avance sur nous à tous les niveaux. La France est actuellement championne du monde, le Danemark est une équipe pleine de joueurs de haut niveau et nous ne devrions pas non plus sous-estimer l’Australie. Je pense que dans la courte préparation à la Coupe du monde, il est important d’intégrer un maximum d’automatismes, que ce soit dans l’ouverture du jeu ou dans la construction du jeu. Les forces et les faiblesses des adversaires doivent être analysées en détail et un plan de match clair doit être élaboré. Lors des matches contre la France et le Danemark, il s’agira de trouver des moyens d’exploiter les erreurs de l’adversaire et d’avoir un bon jeu de transition, car nous aurons probablement beaucoup moins de possession de balle. Contre l’Australie, il faudra établir un plan de match avec plus de possession de balle et plus de phases dominantes. Pour moi, ce serait un succès si ce plan de match clair était reconnaissable et visible et avec des bonnes phases de possession de balle et de jeu collectives.


TF : Comment peut-on développer notre football afin d’avoir de meilleures résultats que ça soit dans les compétitions africaines ou en Coupe du monde ?

SM : J’aimerais répondre à cette question en prenant l’exemple de l’évolution du football allemand après l’échec de l’Euro 2004. L’Allemagne a été éliminée au premier tour et avait une équipe de faible qualité. Une transformation radicale a eu lieu. Des changements radicaux ont eu lieu, notamment en ce qui concerne la formation des jeunes talents. Des centres de formation ont été construits et les entraîneurs ont été bien formés. Ces changements dans la formation ont permis l’émergence de jeunes joueurs très talentueux, comme Phillip Lahm, Bastian Schweinsteiger ou encore Mesut Özil. Je pense qu’un changement similaire est également nécessaire en Tunisie. Si nous parvenons à placer des entraîneurs bien formés dans les centres de formation nationaux et à la fédération tunisienne et à transmettre des notions tactiques aux joueurs dès leur plus jeune âge, je pense que nous aurons de bonnes chances de jouer à nouveau un rôle majeur dans le football africain.


TF : Un dernier mot pour nos TFistes ?

SM : Étant membre du forum Tunisie Foot depuis 2004, je suis fier de pouvoir donner cette interview et de me présenter à la communauté. C’est une immense joie de voir cette plateforme grandir et s’imposer dans les médias sportifs tunisiens. Je vous souhaite et espère le meilleur pour notre pays et son peuple qui vit des moments difficiles.

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